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  • Photo du rédacteurCamille Pierret

Are you talking to me?



Ca vous arrive parfois d'avoir ce sentiment d'être deux personnes différentes en fonction du contexte ?

A un moment vous pouvez tenir un discours très sophistiqué avec un vocabulaire soutenu, une voix calme et articulée

Puis quand vous vous retrouvez avec vos potes votre street cred s'envole et vous commencez à parlez fort, vite, et avec des wesh à tout va ? (Après c'est peut-être que moi hein...)



Bon je vous rassure vous n'avez pas forcément de trouble de la personnalité multiple.

Vous essayez juste de communiquer en fait.

Et la communication c'est la base des relations humaines.


 

La communication


D’après Jean-Claude Abric, “Toute communication est une interaction” qui renvoi simultanément à :

  1. Un transfert d’informations

  2. L’établissement d’une relation

C'est-à-dire que la communication est une transmission dynamique, interactive et lorsque des individus communiquent, aucun n’est passif. Que ce soit la personne qui émet ou celle qui reçoit le message, les deux sont actifs : l'émission et la réception se font en même temps.


“L'émetteur est émetteur et récepteur, pas émetteur puis récepteur.”



Je m'explique :

Quand vous rédigez un mail pour un professeur, ou votre patron, vous adaptez votre discours à la personne qui va le recevoir. Vous n’aurez pas le même vocabulaire par exemple en vous adressant à votre BFF.


D’après le psychologue social Rodolphe Ghiglione la communication est une co-constuction, et, bien que certains actes de communication ne soient pas une interaction à proprement parlé (e.g. les discours politiques, la publicité, des articles de blog etc.), l’individu qui reçoit le message joue un rôle fondamental dans cette communication.



Prenons Influscience par exemple.

Quand on écrit nos articles, on essaie de pas trop utiliser de vocabulaire spécifique à la psychologie, ou alors si on utilise un terme compliqué on va prendre le temps de l’expliquer.

Le choix du format de communication, des gifs, des mots, tout ça est aussi pensé par rapport au public que l’on souhaite viser.

Mais c’est aussi important pour nous que vous sachiez de qui ça vient. Parce que c'est bien de chercher à s'informer sur internet, mais pas toutes les sources peuvent être considérées comme fiables dans tous les domaines. D’où le fait que l’on se soit présentées et que l’on vous ait indiqué nos diplômes et nos domaines de compétences.



Cet exemple est en fait l'illustration de la théorie du Contrat de Communication.



Le contrat de communication


Le contrat de communication est une théorie élaborée par Ghiglione en se basant sur l'étude des discours (Il a pris un peu de psychologie sociale, un peu de linguistique et a fait interagir le tout).


Les interactions humaines, verbales ou écrites, sont emprunts d’enjeux sociaux :

Chaque communication a un but et un impact, elle est indissociable de la personne qui émet mais également de celle qui reçoit le discours. Pour comprendre les enjeux de la communication, le récepteur doit prendre en compte les intentions de l’émetteur et le contexte de production du discours.


Si vous avez lu l'article sur la catégorisation sociale (Une salade de fruits sans tomates s'il-vous-plaît), vous savez qu'en fonction de l'image qu'on a d'une personne notre discours va être influencé.


Lorsque vous entamez une discussion avec quelqu’un, que vous allez à un spectacle, ou que vous lisez un article de journal, vous allez de façon implicite (sans vous en rendre compte) ou explicite (en connaissance de cause) mettre en place des règles de communication.

En fonction de la représentation que vous avez de la source du message, vous n'attendrez pas toujours la même chose.



Quelques cas concrets pour comprendre :


- A partir d'un certain âge (25 ans environ) quand on rencontre des gens de notre génération on hésite entre le vouvoiement et le tutoiement en fonction du contexte. Alors au début on va utiliser "vous" par politesse et marque de respect, si c'est dans le cadre du travail et c'est seulement quand l'image qu'on se fait de l'autre devient plus familière (Toi aussi t'aime les totally spies ? Trop cool ! ) que l'on pourra se permettre de passer au "tu".


- Si vous allez voir un spectacle d'humour vous vous attendrez à ce que l'humoriste vous fasse rire en utilisant un registre de blague qui vous plait.

Vous n'irez pas voir Bigard si vous n'aimez pas les blagues sexistes lourdes, et si vous y alliez, vous ne pourriez pas lui reprocher de faire ce genre de blague dans son propre spectacle.

Si vous aimez l'autodérision et l'humour noir et que vous allez voir Kheiron sur scène vous savez que vous pourriez être la cible d’une blague acerbe, mais comme tous les individus de la salle qui sont venus le voir parce que c’est le spectacle qu’il propose (et c’est pour ça qu’on l'aime non ?).


- Un journal à généralement une ligne éditoriale, c'est à dire qu'il présente des faits sous un certain angle. Vous n’allez pas attendre de Médiapart de faire un article élogieux sur Marine Lepen, ou de Valeurs Actuelles de faire un article sur les bienfaits sociologiques du métissage...


Le contexte autour d’une communication est donc important à prendre en compte.



A noter :

Les travaux effectués par Ghiglione et ses collaborateurs sont intéressants car il fait intervenir deux champs d'études, la linguistique et la psychologie. Ces études montrent qu'un discours est toujours à contextualiser par la personne qui tient ce discours, ses opinions et son but.

 

Vous comprenez donc maintenant pourquoi adapter votre discours à la situation c'est normal.

Et même c'est très bien.

C'est un peu plus anormal si vous vous mettez à signez vos mails persos par "Cordialement" et vos mails pros par "Bisous les zouz". (Sauf si comme moi vous bossez avec des meufs stylées, dans ce cas là ça passe. Non ?)





 

Sources

Abric, J. C. (2008). Psychologie de la communication: théories et méthodes (éd. 3).

Ghiglione, R. (1986). L'homme communiquant. A. Colin.

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